Anne-Marie Chanal : l’épanouissement de tous au cœur

“Je suis très attachée à Bourg-la-Reine que je « pratique » depuis cinquante ans, autant dire toute ma vie ! J’ai travaillé aux quatre coins de Paris et sur le Plateau de Saclay avec des métiers particulièrement nomades. Je n’ai pas déménagé, malgré les nombreux déplacements parce qu’au fond j’y trouve tout ce qu’il me faut. J’ai à portée de main les musées, les théâtres et la diversité des restaurants que j’affectionne particulièrement. Je ne fais pas attention à l’heure car je sais qu’un moyen de transport me permettra toujours de regagner ma commune et de rentrer à pied le soir sans souci aucun. Je compte beaucoup sur l’impulsion que donnera le Grand Paris express quand tout sera connecté sous deux ou trois ans pour une mobilité renforcée à tous les pôles de transport ferroviaires, aériens et routiers. En-dehors de cela, je me rends désormais au travail en vélo, tout en endossant le rôle de conductrice ou de piéton selon les besoins.

Mon côté éclectique et touche-à-tout se nourrissent des avantages de Bourg-la-Reine – sa position de carrefour, son dynamisme, sa taille humaine et son caractère semi-urbain dans un poumon encore vert – tout comme de ceux de son voisinage. Je profite aussi bien de la proximité et de la complémentarité des services des villes alentours : le parc de Sceaux comme l’arboretum de Chatenay-Malabry, le bois de Verrière et la Coulée verte, le réseau de santé d’Antony ou des hôpitaux de Paris Sud (Béclère, KB, Institut Montsouris…), la piscine des Blagis et bientôt le complexe de la Grenouillère, le théâtre des Gémeaux et l’Opéra de Massy, les supermarchés limitrophes d’Antony et les centres commerciaux de Belle-Epine ou Vélizy 2.

Certains n’aimeraient pas mais pour ma part, j’aime croiser des visages familiers, observer les activités et les rythmes différents des familles au Conservatoire ou à la Médiathèque, des personnes âgées attendant le bus pour se rendre au marché ou se promener dans les squares, des jeunes qui vivent leurs meilleures années en petits groupes sur les marches ou à côté des fontaines ou au sport.

A Bourg-la-Reine, j’apprécie le calme, ce cadre de vie encore préservé, la dimension humaine quasi impossible à retrouver ailleurs en grande couronne parisienne. Pourtant, j’adore voyager avec un côté globe-trotter irrépressible. Bourg-la-Reine est mon ancrage. Chacun de mes périples conforte ma vision qu’on vit dans un cadre privilégié, améliorable certes, mais très confortable. Il faut en être conscient, ce n’est pas donné à tout le monde. Raison de plus d’en prendre soin et de prendre sa part dans une société et dans une région parisienne qui bougent en permanence.

J’ai exercé principalement dans le secteur de l’enseignement supérieur pendant une quinzaine d’années, après une première expérience en recrutement chez un chasseur de têtes. Puis je me suis reconvertie dans le secteur associatif, d’abord dans une ONG humanitaire en faveur des enfants vulnérables et aujourd’hui dans une fondation médico-sociale qui accompagne enfants et adultes en situation de handicap mental, psychique et avec Autisme. Chacun de ces secteurs est tourné vers l’individu, soit pour l’aider à évoluer professionnellement, soit pour l’aider à trouver des opportunités de formation et à découvrir métiers et carrières soit pour améliorer le quotidien de ceux qui ont un « petit truc en plus » avec lequel la vie est plus compliquée pour les gens dits « ordinaires ».


Mettre en relation, exprimer les besoins, faire preuve de pédagogie pour embarquer, nouer des partenariats, mener des projets de bout en bout : quelques points communs pour exercer tour à tour des métiers de promotion de programmes, de relations entreprises, de mécénat et philanthropie.
Il s’agit de formaliser des problématiques, d’imaginer collectivement une ou plusieurs solutions en réponse à des problématiques qui parfois se croisent. Il importe surtout d’être patient et tenace, d’ajuster les réponses pour suivre les évolutions qui ne dépendent pas de soi. Ces expériences, centrées sur les chiffres de collecte, les performances de recrutement, la satisfaction des bénéficiaires m’ont appris à écouter, analyser et à devoir justifier la moindre action et surtout le moindre euro engagé grâce à des donateurs ou des partenaires. On ne peut satisfaire tout le monde mais on peut tendre vers une amélioration significative des attentes et impliquer le collectif pour faire encore mieux. Et ce n’est pas remettre en question ce qui a été fait précédemment dans un contexte à présent totalement différent mais plutôt diversifier les moyens d’actions, anticiper, comprendre les interactions et leurs incidences.




Mon parcours professionnel a souvent mis en exergue la crainte de prendre des risques personnels pour faire évoluer une situation professionnelle ; l’auto-censure des étudiants ou des parents qui se disent de ne pas être trop ambitieux ou parce qu’ils manquent de moyens financiers ou d’encouragement de leur entourage ; les biais d’interprétation à regarder l’autre de travers. Le manque de communication, les solitudes, l’ignorance des codes sociaux ou des services disponibles sont source d’empêchement. C’est le rôle de la ville de créer la cohésion et le cadre de vie pour ses habitants pour mieux vivre au quotidien et faire grandir familles et amis.

Confrontée au handicap visible et invisible, je suis naturellement portée à faire évoluer le regard et les usages. Comme lors de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques, il faut pouvoir donner la parole aux concernés face aux dispositifs et outils d’accompagnement et relayer aux professionnels qui y sont confrontés et ne savent pas comment agir. C’est aussi comprendre les problèmes du grand âge, les avanies et les frustrations des personnes en situation de handicap, le désarroi des parents d’enfants au parcours complexe, le silence des parents seuls qui jonglent et bricolent pour tenir le cap, appréhender les conséquences des épisodes de santé mentale ou tout simplement la méconnaissance des mécanismes d’aide.

C’est ce que j’ai perçu en rejoignant progressivement l’équipe Bourg-la-Reine au Cœur : s’informer et consulter avant de proposer ; analyser et comprendre pour se fixer des objectifs raisonnables ; collaborer, se contredire et soupeser les arbitrages avant convenir d’une solution ou d’un audit futur. La capacité de chacun à dire ce qu’il  pense même si cela contrarie, à trouver ensemble des alternatives et à donner un coup de collier quand cela s’impose : voilà ce que j’ai découvert peu à peu, en me frottant à toutes les facettes d’une campagne, à tous les enjeux à aborder.


Bourg-la-Reine est un microcosme passionnant et vivant, où je suis persuadée qu’on peut faire bouger les lignes. Ce sont de petits pas, rien d’éclatant mais concrets qui, cumulés, peuvent changer beaucoup de choses pour les habitants. Cette ville a une histoire à poursuivre, à étoffer. Elle ne doit pas rester figée ou refuser le changement mais au contraire s’inscrire dans son territoire, attirer le meilleur pour ses habitants et s’imposer dans les organismes qui modèlent au niveau régional ou départemental la physionomie de notre environnement municipal. Elle doit pour cela retrouver sa santé financière, son cap stratégique et la confiance de ses habitants. J’aspire à une ville moderne, toujours à dimension humaine et agréable à vivre : une ambition somme toute raisonnable !

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