Norhane El Gharbi : la culture au cœur
Née à Dunkerque, où j’ai fait la majeure partie de mes études, j’ai grandi et vécu à Grande-Synthe, à quelques kilomètres de la frontière belge. J’ai baigné dans un environnement multiculturel stimulant et me suis enrichie de plusieurs héritages culturels – français, belge et maghrébin par ma famille.
La particularité de Grande-Synthe est d’avoir fait le choix de la gratuité pour de nombreuses activités socio-culturelles et organismes de formation, rendant accessible sans distinction pratiques et spectacles. La ville favorise la coopération entre tous les domaines grâce à un système de pass culture, de pass seniors, de pass sports, ce qui permet de dépasser les problèmes de revenus des familles. La communauté d’agglomération dispose même d’une télévision locale qui retransmet tous les événements du territoire.
Je me rends compte aujourd’hui que je n’aurais pas forcément bénéficié des mêmes opportunités en Île-de-France. J’ai pu pratiquer gratuitement pendant dix ans le violon au sein de l’école de musique, en bénéficiant d’un instrument mis à disposition. En revanche l’absence de Conservatoire de proximité ne m’a pas permis de me professionnaliser.
Le tissu associatif dunkerquois est très développé. Pami les événements associatifs phares figurent le très réputé Carnaval de Dunkerque. Pendant trois mois, tous les samedis soir des bals sont organisés par des associations de bénévoles qui reversent les fonds aux causes soutenues. C’est une véritable institution qui fédère tous les habitants, toutes générations et origines confondues. La spécificité du monde culturel de Grande-Synthe est de combiner systématiquement tous les arts au fil des événements : sport et culture, musique et cuisine, peinture et concert. En été, par exemple, la médiathèque organise des lectures dans le jardin public, espace partagé avec les joueurs d’échec qui dispose de tables en pierre pour s’affronter. C’est un gage d’ouverture et de participation unique.
Je suis curieuse des lieux emblématiques d’une ville. J’apprécie les spectacles multidisciplinaires, qui donnent à découvrir des arts qu’on n’aurait pas associé spontanément ensemble, dans des lieux que l’on adapte aux usages et aux publics divers. Quand j’ai emménagé à Bourg-la-Reine, je me suis inscrite en cours de théâtre. Ma première impression est qu’il y a beaucoup d’associations à Bourg-la-Reine mais qu’il y a peu de transversalité.
J’ai 26 ans et je suis plutôt connectée. J’anime avec d’autres les réseaux sociaux de la campagne Bourg-la-Reine au Cœur. On aborde chaque réseau selon ses spécificités, pas question de poster en aveugle ou à tout-va. Une communication efficiente permet de toucher les gens et de faire passer un message juste. C’est un engagement prenant, mais qui m’apprends beaucoup sur la vie citoyenne, son fonctionnement et sur la ville. Actuellement, la mairie de Bourg-la-Reine dispose de réseaux sociaux, dont un Instagram de qualité. Malgré tout, j’ai du mal à savoir ce qui existe et ce qui se passe. Je suis représentative d’une partie de ses habitants qui vivent à Bourg-la-Reine sans profiter véritablement de ses ressources, se limitant aux transports, aux commerces de proximité et au Parc de Sceaux pour aller courir.
Les familles connaissent naturellement le forum des associations par les activités des enfants ou le sport. Tandis que c’est au travers d’internet ou des réseaux que je m’informe. Je suis certaine qu’on pourrait encore améliorer l’information et associer davantage et mieux tous les habitants aux projets culturels. Je milite pour que la culture soit un vecteur d’inclusion et de vie citoyenne. J’aimerais sincèrement qu’il existe un média, auquel contribueraient les représentants de l’opposition, où l’on puisse communiquer une information compréhensible, accessible à tous sur l’engagement citoyen et lutter contre la désinformation.
Tout comme j’aimerais pouvoir créer des événements pour les jeunes afin de leur permettre de croire en eux, de se rencontrer, d’interagir sur des sujets d’actualité et de citoyenneté à commencer par la conscience écologique. Je suis, comme notre tête de liste Cécile, engagée dans une démarche zéro déchet. Cela impacte concrètement mes décisions au quotidien dans mes achats, mon recyclage.
De même, je souhaiterais que soit institué une animation sous la forme d’un jeu interactif permettant de découvrir de l’intérieur la vie d’une mairie, de rencontrer les élus pour comprendre leur rôle. Le but est d’encourager l’esprit citoyen de manière ludique et interactive. C’est valable pour la culture : faciliter l’accès de jeunes aux grandes institutions démocratiques. Nous avons profité récemment d’une visite du Sénat. La guide était accessible et passionnante. Nous avons suivi la visite en même temps qu’une classe de collégiens d’Asnières, dont les questions étaient très pertinentes.
Ma passion pour les mathématiques m’a conduite à Lille jusqu’en licence. J’ai ensuite bifurqué vers les technologies informatiques en Master 2. Je me suis plongée dans le monde associatif en rejoignant Erasmus Student Network, en tant que responsable du pôle web. Cette association très carrée dans son fonctionnement organisait à l’échelle européenne une multitude de rendez-vous tous sujets confondus, une formidable fenêtre sur les cultures européennes. J’ai ensuite bénéficié du programme Erasmus lors de ma césure à Stockholm. Curieusement, ce sont les interactions avec les étudiants, notamment chinois qui m’ont le plus marquées. J’ai noué des amitiés durables, au point de partir en voyage découvrir en profondeur, chez l’habitant, la Chine mais aussi la Nouvelle-Zélande. Le voyage est une forme d’apprentissage puissante.
L’intérêt pour mon métier de développeur a mis du temps à venir, mais à présent je m’épanouis pleinement. A l’issue de mes études, j’ai effectué mon stage au sein du groupe Capgemini à Lille. Puis en 2018, c’est au sein d’Oxyl, entreprise en solutions de transformation numérique fondées sur l’intelligence artificielle, que j’exerce depuis une dizaine d’années. Dans mon métier, je mène des missions auprès de clients successifs, une incroyable immersion dans la diversité de l’univers économique : tourisme (Club Med), transport (GEFCO), Banque (BPCE), et plus récemment dans le domaine de l’énergie (Total énergie, GRDF). Ce sont autant d’opportunités de découvrir d’autres façons de travailler, de s’adapter à des outils et objectifs différents. L’ADN du groupe me correspond car il est tourné vers la coopération, l’entraide et le partage de décision. Il aide notamment les jeunes diplômés à trouver un logement. C’est grâce à eux que j’ai débuté une colocation à Cachan, puis à Bourg-la-Reine depuis 3 ans.
Mon milieu professionnel me considère comment un élément fédérateur, qui sait créer du lien pour mieux communiquer. La lecture est une de mes passe-temps préférés. Je m’intéresse au développement personnel comme à la négociation, que j’ai mis en application en me lançant dans l’investissement immobilier, un penchant qui peut surprendre, exigeant qui nécessite de maîtriser toute la chaîne de valeur : depuis la phase de détection et d’achat, d’aménagement et d’amortissement, de relations avec les locataires. C’est une école de formation.
En toute chose, je suis prête à apprendre, même si cela prend du temps.
Au sein de Bourg-la-Reine au Cœur, l’équipe est très bienveillante, avec des experts par domaine. Notre candidate Cécile prend sa place mais elle sait laisser sa place aux autres.