Luc Grasset : le sens du service au cœur
“Abondance, dynamisme, attractivité, ce sont les mots qui me viennent lorsque je pense à Bourg-la-Reine. Après 14 déménagements en France et à l’international, c’est dans cette petite commune, depuis 2018, que nous avons pris racine. En famille, on ne se pose même plus de question, c’est chez nous. Il s’agit à la fois d’un territoire cohérent et concentré, reconnu pour sa qualité de vie et la diversité de ses services.
A l’Office de Tourisme, où j’assure des permanences en tant que Secrétaire général, j’entends souvent les habitants d’autres communes (Cachan, Fontenay, l’Haÿ-les-Roses) qualifier Bourg-la-Reine de ville agréable et accueillante. Et c’est pour cela qu’il faut en prendre soin. Notre défi est qu’on soit conscient de vivre dans un lieu privilégié, qu’on se sente « de Bourg-la-Reine ».
Parmi ses points forts, je relève la grande variété de ses commerces notamment au marché, la facilité d’accès vers et hors de Paris et dans le sens inverse en direction des villes de grande Couronne (Saclay, Créteil, Versailles…), sa taille humaine car elle est la 2è plus petite commune des Hauts-de-Seine.
Par ailleurs, elle est une véritable institution. Fondée en en 1130 par Adelaïde de Savoie, elle a traversé les siècles en se ménageant une place bien à elle aux côtés de villes voisines plus massives. C’est pourquoi l’idée de supprimer la commune me révolte. Le projet de fusion avec Sceaux, évité de justesse, a été initié entre maires, sans consultation des habitants ou du conseil municipal, par surprise. Cela a été le déclic de mon engagement pour Bourg-la-Reine au Cœur. Je dirai même Bourg-la-Reine « forever », car sans engagement, la tentation de la fusion pourrait revenir.
Mes expériences professionnelles ont forgé en moi un caractère foncièrement optimiste, la conviction de la nécessité du dialogue interculturel, et développé un solide sens du service. A 67 ans, originaire du Puy en Velay, je suis père de 3 filles. Après Saint-Cyr, j’ai embrassé la carrière militaire dans l’Armée de Terre pendant 10 ans, puis la Gendarmerie pendant 3 décennies. J’ai parcouru différents théâtres d’intervention : Moyen-Orient, Afrique, Kosovo mais aussi assuré plusieurs représentations au sein de l’OTAN, de l’Union européenne ou aux Etats-Unis. Que ce soit en Etat-major Interarmées, au Commandement de la Région Militaire Est ou comme Chef de bureau du Droit des Conflits Armés ou Secrétaire général de la Réserve Militaire, j’ai contribué à la planification stratégique, à la prospective en matière de drones, aux méthodes de formation et de reconstruction de pays en sortie de crise mais aussi la logistique du foncier militaire ou le recrutement des réservistes. Pour cela, je me suis formé en droit international, à L’école de Guerre et à Science Po Paris. La transmission du savoir est une activité que j’ai développé en parallèle, enseignant à l’Ecole Polytechnique puis à Sciences Po Nancy. Je crois fondamentalement en l’importance de sensibiliser les jeunes aux enjeux actuels, au vivre-ensemble.
Le tissu associatif de Bourg-la-Reine est d’une telle diversité que je n’ai eu aucun mal à m’y plonger, à la rencontre des multiples publics de la ville. J’ai d’abord rejoint l’ARAI (Association Réginaburgienne d’Amitiés Internationales) pour son exposition internationale avec l’envie de valoriser les communautés locales. Outre l’Office de Tourisme et ses grands événements (Brocante, vide coffre-à-jouet, Marché de Noël, voyages à la journée), je me suis impliqué dans du soutien scolaire aux Bas- Coquarts (Secours Catholique) et en appui des Anciens Combattants, pour lesquels j’assure le recrutement des Porte-drapeaux. Enfin, au sein de la paroisse de St-Gilles, j’assure l’organisation des obsèques. Servir, c’est être auprès des habitants en tout temps.
J’aimerais néanmoins passer à l’échelon supérieur : mettre mon expérience et mes connaissances en matière de sécurité, de formateur et de conciliateur au service de la commune. Je sais gérer des opérations, adapter des méthodes, planifier, bâtir des consensus. J’ai de l’entregent et je ne me laisse pas impressionner, ce qui permet de surmonter les querelles d’egos ou de prérogatives pour travailler en bonne intelligence. Il faut garder à l’esprit qu’en tant qu’élu on est d’abord un serviteur.
Quand je parle de sécurité, c’est au sens large : celle qui est assurée par l’Etat (Police, Justice) mais également la sécurité personnelle : les accidents domestiques, le sentiment de sécurité, les problèmes de maltraitance domestique. Sans oublier, les questions de salubrité, de la gestion de l’accessibilité face au handicap, jusqu’aux déclarations de péril pour l’habitat : un vaste périmètre !
La priorité est de parvenir à bien cerner les risques réels, auxquels chacun est confronté et de savoir qui contacter en cas de besoin et pas uniquement la Police. Ainsi, les personnes âgées doivent savoir qu’elles peuvent compter sur leurs voisins. Il est indispensable d’entretenir ou de récréer cette solidarité entre réginaburgiens.
La ville change. Bourg-la-Reine n’est plus une cité dortoir. Avec le télétravail, elle devient une cité de travail. Nous gagnons une liberté de temps qui implique aussi de repenser la vie à domicile et les usages pour bien vivre en communauté.
La réglementation doit s’appliquer mais ne doit pas non plus être trop tatillonne. En règle générale, la sanction est un échec. Elle ne doit pas être le premier recours. Cela passe avant tout par le respect des autres, par l’attitude personnelle, le changement de posture personnelle. Tout le monde a sa place. Mais chacun doit respecter sa place pour ne pas créer de conflits d’usage. Je songe aux relations compliquées entre piétons, cyclistes, voitures, trottinettes.
Devenir plus proactif en matière de sécurité ne se résume pas à augmenter les effectifs et les antennes de Police, c’est aussi agir par la prévention au travers des associations pour le vivre-ensemble, qu’il s’agisse de respecter le Code de la Route, de la tolérance envers l’autre et d’accepter des usages différents. Une meilleure coordination entre Polices Municipales locales notamment pour le service de nuit, la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la sécurité, auxquels on ne pense pas : les vigiles de supermarché, les employés de banque, les commerçants, tout ceci permettrait de rétablir le sentiment de sécurité. Cela tient souvent aux difficultés sociales, au mal-être. Les points de deal n’apparaissent pas par hasard. Dépenser pour s’acheter de la drogue témoigne d’une détresse mentale profonde et d’une précarité réelle entre ceux qui ont les moyens de s’offrir cette fausse promesse de mieux-être, et la pauvreté et le manque d’avenir des vendeurs.
Dans cette démarche, seule la coopération compte. J’ai l’habitude de collaborer dans mes actions associatives avec la Police Municipale, mais aussi avec les Pompiers acteurs incontournables de la sécurité publique, à l’instar de la Protection Civile et de la Croix-Rouge toutes deux présentes à Bourg-la-Reine. Informer, coordonner, accepter l’autre, ajuster les moyens d’intervention aux besoins effectifs : autant de pistes concrètes pour améliorer le quotidien des réginaburgiens.”