Stéphane Vandaële : le sport au cœur

Santé, éducation et cohésion, ouverture, voilà ce que représente pour moi le sport. Pendant 32 ans, j’ai exercé comme bénévole dans ce domaine : j’ai été tour à tour trésorier général (17 ans), éducateur, entraîneur, arbitre officiel et enfin président délégué du Football Club de Bourg-la-Reine. Pour cela, j’ai mis à profit mon métier de comptable dans un cabinet d’expertise, ayant travaillé aux côtés d’entreprises de toute taille : commerçants, artisans jusqu’à de grands groupes. C’est principalement au sein de l’ASBR, l’association qui fédère les sections de sport à Bourg-la-Reine et sa section Football, que j’ai œuvré et milité pour que le sport puisse être accessible à tous.

Le football est un sport populaire.  J’ai constaté au fil des années que ce sport permettait de créer des ponts : entre familles aisées et d’autres plus démunies ; entre enfants qui s’entraident pour lever des fonds nécessaires pour que l’un deux puisse comme les autres participer au voyage d’une compétition internationale ; entre sections sportives pour mutualiser des équipements, monter des partenariats avec des salles de fitness ou bénéficier du soutien d’un autre entraîneur en cas d’absence prolongée du titulaire, ou encore créer des événements fédérateurs comme la Nuit des Arts martiaux. Au sein de l’ASBR, j’ai découvert des sections sportives très diversifiées allant du tir sportif, au trampoline, en passant par le volleyball, avec des gestions financières différentes. J’ai rencontré les pratiquants loisirs comme les athlètes, assisté à de nombreux événements sportifs, vu l’envers du décor.

Notre but ce n’est pas que le sport, il y a une forte dimension de lien social derrière. Dans nos sections, nous accueillons les enfants dans une autre « famille ». Ce qu’on ne trouve pas à la maison, on peut le trouver dans un club de sport. Les enfants se confient, partagent leurs soucis, récupèrent après les tensions à l’école. Je considère que la capacité d’écoute est primordiale : c’est parvenir à les faire s’exprimer, pouvoir ensuite échanger avec les parents. J’insiste toujours sur le fait qu’on ne doit pas choisir un sport qu’on n’aime pas, cela reste un loisir, il faut faire ce que l’on aime. Par ailleurs, il n’est pas toujours évident de payer toutes les cotisations. Ce qu’il faut à tout prix éviter, c’est que faute de moyens, des enfants restent enfermés chez eux sans activité extérieure sécurisée, ou jouant au bas de l’immeuble, sans perspective de progression.

C’est important que les enfants fassent du sport, pas uniquement parce que c’est une activité qui coûte moins cher que le centre aéré ou comme solution de garde le temps des tâches ménagères. Le sport doit être un choix. J’ai croisé récemment un ancien pratiquant, aujourd’hui marié et père de deux enfants. A l’époque, il était désigné comme un gamin difficile, qui traînait dans les rues et commençait à boire. Quand je vois son parcours, je sais que le sport l’a remis sur les rails. Le sport ouvre des horizons : je pense à tous les pays, que les joueurs ont découvert au fil des compétitions : Pays-Bas, République Tchèque, Espagne, Allemagne avec le foot comme langue commune. 



Le sport doit être accessible à tout le monde, que ce soit pour des raisons financières, d’organisation familiale ou de genre.
Je fais partie des fondateurs de
la section de foot féminin à BLR, créée il y a 22 ans. Cela m’irritait d’entendre que le foot était un sport masculin. Je me suis battu et me bats encore pour que les filles obtiennent les mêmes droits que les garçons. A l’époque, on a tout juste eu la majorité. Il a fallu lutter pour convaincre autant les dirigeants que les filles avaient leur place dans ce sport, que les parents que c’était un sport sans danger. Les stéréotypes ont la vie dure. Au forum des Associations, sur le stand de foot féminin, combien de parents ont tenté de réoriente leurs filles au profit d’activités réputée plus « féminines » ?

C’est d’ailleurs avec les résultats de l’équipe féminine en Allemagne en 2011 et le début de la retransmission des matchs de foot féminin à la télévision, que j’ai observé un changement d’attitude. Il faut que les gens constatent de leurs yeux que la pratique féminine apporte autre chose, la pratique est plus lente mais plus vivante aussi et surtout moins violente. Quatre ans après la création du club, j’ai décidé de céder la gestion des garçons au profit de l’entraînement des filles. En une vingtaine d’années, nous sommes passés de 12 à 205 licenciées !

Ce qui me semble primordial est de valoriser les bénévoles. Nous avions créé fut un temps la « Fête des bénévoles » aux Colonnes, pour les remercier de leur temps et de leur énergie. Le but était aussi de permettre de se rencontrer toutes sections sportives confondues. Au lieu de vivre en silo côte à côte, ce temps de rencontre facilitait naturellement la coordination tout au long de l’année, permettait de dépasser ensemble des difficultés. C’est dur aujourd’hui de trouver de véritables bénévoles. Et certaines sections sportives ont récemment quitté le club omnisport de l’ASBR. L’ASBR facilite non seulement les échanges, mais soulage les clubs de la gestion financière, garantit un contrôle financier rigoureux, gage de confiance. Les gens se sentaient ensemble. Nous perdons en cohésion, c’est dommage.

Je suis né à Bourg-la-Reine, ayant fréquenté ses établissements scolaires d’abord de la République puis d’Evariste Galois. A 53 ans, je connais la ville et ses infrastructures sportives par cœur, les besoins croissants et l’impossibilité de générer de créneaux pour de nouvelles sections sportives, les infrastructures modernisées et d’autres en mal de rénovation (par exemple les problèmes d’infiltration du gymnase Carnot).  Les idées pour améliorer ne manquent pas. Je pense au Stade Charpentier qui manque d’un foyer pour les temps de rencontre ou de rassemblement pour les enfants, pour accueillir les parents qui attendent la sortie de séance, les échanges entre usagers qui se croisent. Ce qui est important c’est également ce qui se passe après le sport, les moments de partage après une petite collation, au chaud et au sec, de se saluer ou d’échanger avec l’entraîneur, d’observer les matchs à distance en buvant un café.

Je suis un compétiteur, quelqu’un qui cherche les résultats, des solutions pour promouvoir et défendre tous les sports. Pour devenir arbitre jusqu’au niveau régional et national, j’ai passé un examen annuel et monté les échelons. J’ai également passé plusieurs examens fédéraux pour être éducateur diplômé. On est là afin de faire découvrir un sport, pour former et aider les gens à s’améliorer dans leurs loisirs. J’éprouve énormément de plaisir à voir les jeunes et les filles se construire et trouver leur place grâce au sport. Ce ne seront pas forcément de futurs professionnels. Au sport on vient pour se vider la tête, ne plus penser à l’école, au travail ou aux soucis, pour s’amuser entre amis, se défouler. J’y retrouve cet esprit famille, que je n’ai pas observé dans d’autres communes environnantes.

En fin de saison, un entraîneur fait le bilan et évalue les progrès des joueurs. On s’efforce de trouver ce qu’on peut développer le mieux chez une personne, la faire travailler techniquement ou physiquement. Si je dois faire un parallèle avec la campagne municipale, la gestion municipale peut être assimilé à un sport collectif : on gagne ou on perd tous ensemble. On est solidaire, et on s’entraide en cas de difficulté, sans baisser les bras. Alors j’y crois jusqu'au bout : tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin du match. Ce n’est pas une personne qui fait la différence mais parce que tout le monde aura travaillé ensemble et que nous aurons donné le meilleur de nous-mêmes.”

Vidéo : Stéphane - Pourquoi je m’investis dans la liste Bourg-la-Reine au Cœur

Vidéo : Stéphane - Pourquoi j'ai "Bourg-la-Reine" au Cœur

Précédent
Précédent

Florian Besson : les mobilités au cœur

Suivant
Suivant

Lilian Guinin : les finances au cœur